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Le coronavirus, c’est l’affaire de tous

Le coronavirus, c’est l’affaire de tous

Aux grands maux, les grands moyens. Proportionnellement à la progression de l’épidémie du coronavirus, les autorités algériennes multiplient les mesures. Les dernières en date sont, le moins que l’on puisse dire, drastiques.

Depuis ce lundi 23 mars, toute la population de la wilaya de Blida est mise au confinement total. La même mesure est partiellement décrétée pour la capitale où la population est contrainte de se cloisonner toute la nuit, de 19h à 7h. Ces mesures pourraient être étendues à d’autres régions en fonction de l’évolution de la situation.

Parallèlement, c’est presque tout le pays qui est à l’arrêt avec la fermeture des écoles, des commerces (hormis les magasins d’alimentation), des transports publics…

Le gouvernement algérien s’est-il précipité en allant vers ces mesures que d’aucuns qualifient d’extrêmes ou, au contraire, il a trop tardé pour les décréter ? Nul ne peut répondre à la question en l’état actuel des choses et il serait même inconvenant de s’essayer à un tel exercice au moment où l’urgence est ailleurs.

L’évaluation de l’action globale des autorités politiques, sanitaires ou autres face à la crise ne pourra se faire avant le retour à la normale. Les bons et mauvais points seront alors distribués au prorata certes de la propagation de l’épidémie et des séquelles qu’elle aura laissées, mais aussi en fonction des succès et échecs constatés ailleurs, dans d’autres pays.

La situation a la particularité d’être inédite, donc sans point de comparaison ni référence. Jamais une pandémie n’a mis toute la planète à l’arrêt, pas même celle de la grippe espagnole, il y a un siècle, qui aurait fait 50 millions de morts.

Comme ceux des autres nations, le gouvernement algérien se devait d’agir face à une maladie qui progresse comme aucune autre ces dernières décennies, dont la détermination de l’origine est encore au stade de l’hypothèse et de la supputation et pour laquelle aucun traitement n’existe. Il restait à mettre à profit la petite expérience acquise par les pays les plus touchés, à reproduire leurs recettes concluantes et à éviter leurs erreurs. D’autant plus que l’Algérie a cette « chance » de ne pas figurer dans le peloton des premiers pays atteints.

En parlant d’erreurs, l’Italie en a fait, la France aussi. La plus évidente est celle de ne pas avoir opté pour des mesures drastiques, comme le confinement, dès le début. Les deux Etats européens payent aujourd’hui cash cette tergiversation. Le pays de la Botte compte ses morts par plusieurs centaines par jour et ses autorités sanitaires sont contraintes à l’exercice déchirant et inimaginable il y a seulement quelques semaines de sélectionner ceux qui devront cesser de vivre.

Néanmoins, très peu de voix se sont élevées pour reprocher aux gouvernements d’avoir trop attendu. La situation est inédite et personne ne pouvait prévoir une telle propagation de l’épidémie et de telles conséquences sur des systèmes de santé parmi les plus performants au monde.

Bénéficier des succès des autres et éviter leurs erreurs tout en adoptant la réponse aux spécificités de la situation algérienne, c’est sans doute dans cette stratégie qui a dicté la décision du Haut conseil de sécurité de confiner totalement la région de Blida et partiellement celle d’Alger, ainsi que toutes les autres mesures préventives prises depuis le début de l’épidémie.

Il est admis aujourd’hui que le confinement des populations dans leurs domiciles est l’unique solution en l’absence d’alternative sanitaire, c’est-à-dire de vaccin ou de traitement. Du reste, elle a fait ses preuves, que ce soit en Chine qui a presque vaincu la pandémie, ou même en Italie où un recul du nombre de contaminations est constaté dans les régions confinées en premier.

Néanmoins, la victoire contre le coronavirus est l’affaire de tous, du gouvernement mais aussi de la population. Il appartient maintenant à celle-ci de remplir sa part du contrat en respectant non seulement l’ordre de confinement, mais aussi les gestes simples et en rien coûteux d’hygiène et de prévention.

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