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La famille du journaliste Khaled Drareni écrit à Tebboune

La famille du journaliste Khaled Drareni écrit à Tebboune

La famille du journaliste Khaled Drareni, placé sous mandat de dépôt depuis dimanche dernier, sort de son silence et saisit le président de la République. Dans une lettre ouverte, son père Sid-Ahmed Drareni, ancien moudjahid, appelle Abdelmadjid Tebboune à user de ses prérogatives constitutionnelles de premier magistrat du pays pour mettre fin à l’abus de pouvoir dont est victime le journaliste.

« Khaled a toujours fait son travail de journaliste en professionnel. Et en patriote. Ni le journalisme, ni le patriotisme ne sont des délits ou des crimes au regard des lois du pays. Khaled, comme beaucoup de jeunes de sa génération, est animé par l’ambition de voir son pays être à la hauteur des espérances et des sacrifices des aînés. C’est une exigence positive, elle ne mérite pas d’être emprisonnée ou mise en cage », lit-on dans la lettre publiée par Maghreb Emergent.

« L’injustice que subit mon fils est d’autant plus insupportable qu’elle s’accompagne d’une campagne odieuse qui est orchestrée contre lui pour mettre en doute son patriotisme. C’est indigne, c’est ignoble, ceux qui derrière les rideaux orchestrent cette campagne sont méprisables. Khaled a grandi dans une famille de chouhada et de moudjahidine, toute son éducation et sa conduite en sont profondément marquées. Le nom de Drareni fait partie de l’histoire glorieuse du combat libérateur et nous ne pouvons tolérer que l’on essaie de justifier l’immense injustice dont est victime Khaled par une insulte ignoble à notre histoire familiale et à celle de la Nation », ajoute le père de Khaled Drareni qui confirme en outre que son fils a été transféré à la prison de Koléa.

« Aujourd’hui, le 31 mars 2020, nous devions voir notre fils, le journaliste Khaled Drareni, à la prison d’El Harrach, mais nous n’avons pas pu le faire. Nous avons été avisés, à la dernière minute, qu’il a été transféré à la prison de Koléa », écrit-il.

Khaled Drareni a été arrêté le 7 mars alors qu’il couvrait une marche à Alger. Après une longue garde à vue (3 jours), il a été présenté le 10 mars devant le procureur du tribunal de Sidi M’hamed qui l’a inculpé d’incitation à attroupement et ordonné son placement sous contrôle judiciaire.

Le 25 mars, la Cour d’Alger annule le contrôle judiciaire et prononce le mandat de dépôt. Vendredi 27 mars, Khaled est arrêté chez lui par la police. Dimanche 29, le mandat de dépôt est exécuté et le journaliste se retrouve à la prison d’el Harrach où il passera deux jours avant d’être transféré à la prison de Koléa, sans qu’aucune explication ne soit donnée à ses avocats.

L’arrestation de Khaled Drareni a suscité une vague d’indignation et de dénonciation de ses confrères en Algérie et de nombreuses organisations internationales. Il est le quatrième journaliste détenu en Algérie après Saïd Boudour, Sofiane Merakchi et Abdesami Abdelhai, emprisonnés depuis plusieurs mois.

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