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Confinement en Algérie : les commerçants réclament la réouverture de leurs magasins

Confinement en Algérie : les commerçants réclament la réouverture de leurs magasins

Après trois mois de confinement sanitaire imposé par la pandémie de coronavirus Covid-19, le ras le bol des commerçants algériens semble avoir atteint son paroxysme.

La parenthèse de la reprise des activités artisanales, le 26 avril dernier, a été vite refermée, accentuant ainsi le désarroi des commerçants soumis à des charges incompressibles.

Les commerçants du célèbre marché Dubaï d’El Eulma, dans la wilaya de Sétif, ont bloqué, hier samedi, la circulation automobile pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur leur situation financière et réclamer la réouverture de leurs commerces.

À Béjaia, des dizaines de commerçants ont organisé, ce dimanche, un rassemblement de protestation devant le siège de la wilaya pour réclamer la réouverture de leurs commerces, selon une vidéo publiée par la page Facebook de Bejaia sois l’Observateur.

« Les commerçants n’ont plus de quoi vivre »

Les commerçants de Tizi-Ouzou eux aussi exhortent les autorités à trouver des solutions urgentes à leur situation difficile. « Depuis le début du confinement, plusieurs commerçants et artisans qui ont fermé leurs commerces nous ont saisis pour nous informer qu’ils sont pénalisés par cette situation, surtout qu’ils doivent faire face aux différentes charges comme le paiement du loyer, des impôts et les cotisations de la CASNOS », alerte Sami Djebbar, coordinateur de l’Union nationale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) de la wilaya de Tizi-Ouzou dans une lettre adressée ce dimanche au wali.

Selon M. Djebbar, des commerçants se trouvent sans source de revenus depuis la fermeture des commerces. L’UGCAA sollicite l’intervention du wali « afin de trouver des solutions à cette situation difficile dans laquelle se trouvent les commerçants et artisans de la wilaya ».

« Après trois mois de confinement, les commerçants n’ont plus de quoi vivre », se plaint M. Djebbar contacté ce matin par TSA. À bout de ressources et devant l’incertitude qui caractérise leur situation, les commerçants de Tizi-Ouzou se disent prêts à rouvrir « quelles qu’en soient les conséquences ».

Laisser les restaurants rouvrir pour vendre des sandwichs à emporter, permettre aux transporteurs de reprendre leur activité tout en limitant le nombre de personnes à transporter avec obligation du port de la bavette, etc., sont autant de pistes de réflexion que M. Djebbar propose pour la reprise des activités commerciales.

Le coordinateur de l’UGCAA-Tizi Ouzou décline la responsabilité des commerçants dans l’échec de la reprise des activités commerciales et artisanales avant que les autorités n’en reviennent dessus après avoir constaté le non-respect des mesures sanitaire, pointant du doigt à la fois les citoyens de ne pas avoir pris en considération les consignes de prévention et les commerçants ne pas les avoir fait respecter.

« Les commerçants ont fait ce qu’ils devaient faire à l’inférieur de leurs commerces, alors que les dépassements se sont produits à l’extérieur. Il n’est pas responsable de ce qui se passe à l’extérieur. Il n’est pas censé faire le gendarme ! », s’offusque M. Djebbar.

Le président de l’Association des commerçants et artisans algériens (ANCA), Hadj Tahar Boulenouar, interrogé par TSA, fait un constat semblable mais annonce que « d’ici la fin de la semaine en cours il y aura du nouveau ».

Des contacts ont été entrepris avec notamment le ministère du Commerce pour envisager la possibilité de réouverture des commerces. « Notre souhait c’est qu’il y ait l’ouverture de toutes les activités économiques : artisanats, commerces, services, etc. On pourrait commencer par les commerces d’habillement et de chaussures, mais aussi les commerces d’ameublement et d’électroménager. On pense aussi aux salons de coiffure et pourquoi pas les cafetiers à la condition qu’ils ne mettent pas de chaises à l’intérieur et de servir du café dans des gobelets, et les restaurateurs qui pourraient également procéder à la vente de plats à emporter tout en respectant les consignes de port de la bavette avant d’entrer au magasin ainsi que la limitation du nombre de clients autorisés à y accéder, etc. », propose M. Boulenouar.

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